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Chaque année, du 15 octobre au 30 novembre, le Comité français de la Solidarité Internationale organise le Festival ALIMENTERRE qui fête cette année son 10 ème anniversaire. En 2016 c’est plus de 1400 projections débats qui ont été programmées dans plus de 600 communes de France.

Autour d'une sélection de films, le festival invite les habitants à participer à des débats lors de projections et à rencontrer des acteurs issus du monde associatif, professionnel ou politique qui œuvrent pour une agriculture et une alimentation durable.

 Quelques associations du département de l’Aisne, participent chaque année à ce rendez-vous qui permet de valoriser des productrices/producteurs locaux et les porteurs d’initiatives favorables au développement d’un système alimentaire solidaire (voir les programmations sur le site www.festival-alimenterre.org).

L'AMAP "Les saveurs du Tardenois" propose la projection de "Bientôt dans vos assiettes" vendredi 24 novembre à 20h30 à Fère-en-Tardenois (salle Maurice Denis) - Gratuit

Le festival offre également un espace de dialogue unique sur le territoire sur des sujets problématiques à différents échelons tels que les enjeux de l’agriculture et l’alimentation dans le monde. Quel modèle de production pour une alimentation saine ? Comment permettre aux paysan(e)s de vivre dignement ? Quelle nourriture demain et sous quelle forme ? Comment réaliser la transition des consommateurs vers une alimentation qui respecte à la fois la santé et l’environnement ?

Cet évènement international, nous rappelle également que 800 millions de personnes dans le monde sont sous-alimentées, d’où l’intérêt de se mobiliser pour faciliter l’accès à une alimentation suffisante et de qualité, ici et ailleurs. Dans le même temps, la production de calories à bon marché dans les pays riches et la consommation d’aliments issus de la chimie agricole et industrielle favorisent un peu plus chaque année le nombre de personnes obèses dans le monde. Aux Etats-Unis, le taux d’obésité avoisine les 40% pour les femmes et les 35% chez les hommes, selon l’organisation mondiale de la santé (chiffres 2016). À qui profite le crime ? Pour mémoire, les dix plus grands groupes de l’agro-industrie sont propriétaires des 500 principales marques d’aliments et de boissons.

Le festival nous invite à réfléchir sur un fonctionnement alimentaire dont nous sommes les principaux acteurs. Une majorité d’agricultrices/teurs semblent pris en otage par un système basé sur la loi des marchés, la culture intensive, la concurrence, l’augmentation des rendements par l’intrant chimique... Dernièrement, ils ont été nombreux à s’indigner sur le projet d’interdiction du glyphosate qui est absorbé par les organismes vivants et pour lequel il existe des inquiétudes sanitaires et écologiques, soulignant un peu plus leurs dépendances à un système à bout de souffle. Plus proche de nous, certains indicateurs de notre pays démontrent un malaise profond dans l’agriculture française tel que le taux de suicide intolérable ou les quelques 200 exploitations qui baissent le rideau chaque semaine dans l’hexagone. La perspective de faciliter les échanges commerciaux de l’Europe vers les marchés Outre Atlantique Canada et Etats-Unis (accords CETA* / TAFTA*) ne rassure pas, comme le souligne la commission d’expert(e)s indépendant(e)s invitée par le gouvernement français à évaluer les risques sanitaires et environnementaux liés au CETA (rapport du 8 septembre 2017*). Le CETA apparaît contradictoire avec l'accord de Paris et le climat y est qualifié de « grand absent » de l'accord. Le CETA comme le TAFTA risquent de diminuer à l'avenir, la capacité des États à garantir un bon niveau de réglementations environnementales et sanitaires, en raison de l'absence de reconnaissance explicite du principe de précaution.

Les petites exploitations ont besoin d’être soutenues par les consommateurs, les collectivités territoriales, pour les accompagner vers une économie circulaire qui valorise le patrimoine agricole local tout en préservant la nature.

Pour Vie & Paysages,

Benoît PERIN