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Message d'alerte

Suite à la parution de deux articles, du 10 et 12 novembre 2009 dans l'UNION, traitant du centre d'enfouissement de déchets de Grisolles, pompeusement nommé « écocentre de la Tuilerie », nous nous permettons de réagir vivement à ce qui paraît plus être une opération de communication que d'information de la part de Valor'aisne.  Nous proposons, pour l'intérêt de tous, une solution alternative au dogme du tout enfouissement.

Le fait qu'il y soit prévus un bâtiment HQE, des panneaux solaires, une pompe à chaleur ne peut masquer les probèmes de fond concernant la stratégie d'élimination des déchets ménagers.

  • Tout d'abord, l'affirmation de « la barrière passive, constitutée d'une couche d'argile supérieure aux normes » semble ne pas tenir compte de la qualité de ladite argile qui, selon les analyses de Monsieur Pierre BENOIT (expert en hydro-géologie auprès des tribunaux), constate une forte proportion de calcaire (62 à 69 %). Cela conforte les préoccupations majeures partagées par les associations, de nombreux élus et des habitants concernant l'instabilité du terrain sur lequel l'“écocentre” se construit et l'équilibre fragile des ressources en eau potable situées à proximité du site. Il est à rappeler qu'en 1991 le site de Grisolles avait été évincé au profit du site de La Chapelle-Montondon et qualifié à l'époque de « pourri » par les experts.

  • En outre, les objectifs de réduction des déchets définis par la Loi Grenelle I de 2009 qui soulignent l'importance d'adapter continuellement nos comportements afin de contribuer à la réduction des déchets, rend inconcevable, à notre époque, l'enfouissement de la partie fermentescible des ordures ménagères (épluchures, restes de repas…). Cette fraction de déchets qui représente 30% des ordures ménagères représente les risques de nuisance les plus grands (création de lexivias et de gaz à effet de serre (biogaz)) très difficiles à collecter et à maîtriser dans un centre d'enfouissement, sans parler de l'augmentation de la noria de camions la transportant. Cette partie fermentescible des déchets n'est plus à notre époque un déchet ultime : dans d'autres régions de France (Bassin d'Arcachon par exemple) elle est séparée et compostée. Dans dans des pays voisin de la France, comme en Belgique (région d'Anvers), elle est traitée de façon remarquable depuis plus de 12 ans par la méthanisation par voie sèche, procédé rapide très facile à gérer, très efficace en production de méthane et de compost. Cette méthode permet la production d'électricité par cogénération. Cela permet de créer des emplois, difficilement délocalisables et pourrait donner un nouveau souffle aux entreprises de chaudronnerie de Soissons.


Le choix de la méthanisation de la partie fermentescible des ordures ménagères serait une démarche qui respecterait et donnerait tout son sens aux mots « développement durable ». Elle permettrait en outre d'améliorer l'image du département de l'Aisne au regard de l'écologie. Notre département ne ferait plus partie des « lanternes rouges » dans le classement des départements écologiquement vertueux (Sondage paru dans le magazine La VIE d'octobre 2009). Il est grand temps de considérer, comme le font depuis longtemps les pays scandinaves et même les Etats-Unis, l'écologie non plus comme un frein mais bien comme un facteur de développement.

Il est urgent que tous, citoyens et élus, nous ayons une attitude responsable face à l'environnement : chaque atteinte faite à celui-ci a de graves répercussions sur la santé publique. Nous devons œuvrer pour l'intérêt de tous.

Vie & Paysages, le 18 novembre 2009